La Force de la Joie

Si l’amour est le remède de nos sociétés et de notre environnement, la joie en est son chemin ou plutôt sa « voie d’administration » au sein des moeurs humaines.

La force de la joie est l’anesthésiant, la potion magique du sage. Elle casse les exacerbations et ramène les esprits à une réalité plus juste, débarrassée de toute émotivité pouvant l’entraîner vers la disproportion.

Ce phénomène permet aux hommes d’aplanir leurs égos, de les prédisposer au dialogue constructif, de résoudre bon nombre de différents en trouvant une issue diplomatique à tout problème. Le choc des orgueils se désamorce dans un environnement de joie.

La joie constitue donc une des armes de la diplomatie universelle à manier sans retenue à cette condition seule, celle d’être partagée avec sincérité.

Celui qui conduit la joie, la transmet et agit sur l’autre en lui apportant de l’espoir. La force de la joie a cette faculté de rendre les choses possibles au coeur du désespoir.

La force de la joie est la force de l’humilité. Elle confère à nos égos une position auto-critique et une relativité constructive pour comprendre la société et la faire avancer vers le bien. Au lieu de nous laisser croire en notre capacité à tout comprendre, à tout envisager, la joie nous ramène à notre simple condition et à la noblesse de celui qui retourne vers la question plutôt qu’à celui qui se vante de posséder la réponse.

La joie est la force par laquelle nous trouverons la volonté de sceller une unité souveraine entre nous tous car elle est le consommable du bonheur. Et le bonheur est la substance de l’empathie qui définit l’humanité.

Utilisons la joie comme outil de partage social, utilisons la joie comme instrument de diplomatie entre les cultures, utilisons la joie au milieu de la haine, au milieu du désespoir, exerçons cette force naturelle qui est accessible à tous pour colmater nos blessures et se tendre la main.

 

Lecture universelle, Tradition d’Israël

Le don de la Torah aux hébreux s’est déroulée par voie naturelle avant d’être véritablement écrite, Israël a entendu ce que l’on voit et vu ce que l’on entend.

Mais il est une notion particulièrement vivace dans l’administration des préceptes de la tradition de Moïse, celle de perpétrer le bienfait social par le prodigieux ustensile qu’est la joie, représentant à elle seule, un gage d’humilité véritable et de foi en l’Eternel.

En effet, la confiance en la création et sa logique hors de notre portée nous imposent de réfléchir à deux fois avant d’être entraîné vers notre orgueil. C’est une aide divine, un « coup de main » du ciel pour chercher, trouver ou retrouver notre équilibre au diapason de l’humilité.

La fête de Simhat Torah, le mariage juif « ora vesimha vessassone vikar », autant de références bibliques et cultuelles à l’appel de la joie dans notre vision, dans nos coeurs pour célébrer et jouir pleinement des plus grands rendez-vous de notre vie.

La joie est le canal par lequel l’amour peut se distiller sans limite, la joie est l’atout majeur du précieux apprentissage de la vie.


Even Moshia